Les contrefaçons de lingots d’or existent, surtout sur les marchés d’occasion et en ligne. Le piège le plus redoutable : un cœur de tungstène plaqué or, dont la densité imite presque parfaitement celle de l’or. Voici les tests pour reconnaître un vrai d’un faux — et pourquoi, pour l’or, la densité seule ne suffit pas.
1. Le poids et les dimensions officiels
Chaque lingot d’un fondeur reconnu a des dimensions et un poids normalisés. Un faux au métal de cœur moins dense doit être plus gros pour atteindre le bon poids — ou plus léger à taille égale. Comparez toujours le lingot aux spécifications officielles du fabricant (longueur, largeur, épaisseur, masse). Un écart, même léger, est suspect.
2. Le test de densité (et ses limites pour l’or)
La densité de l’or est de 19,30 g/cm³. Par la poussée d’Archimède (peser à sec puis immergé), on calcule la densité réelle. Un résultat éloigné de 19,30 trahit un métal de cœur (cuivre ≈ 8,96 ; plomb ≈ 11,34). Mais attention : le tungstène affiche 19,25 g/cm³, quasi identique à l’or. Contrairement à l’argent, la densité seule ne suffit donc pas à démasquer un lingot fourré au tungstène. Elle reste un premier filtre utile, à compléter impérativement.
3. Le test de l’aimant
L’or est non magnétique (diamagnétique). Un aimant puissant ne doit ni coller, ni être attiré. S’il colle, il y a du fer ou de l’acier : c’est un faux. Attention toutefois : l’absence de réaction ne prouve pas à elle seule l’authenticité (le tungstène, le cuivre et le plomb ne sont pas magnétiques non plus). C’est un test éliminatoire, pas une preuve.
4. Le test sonore (« ping »)
L’or pur produit un son clair et prolongé quand on le fait tinter délicatement. Un cœur de métal commun (tungstène compris) rend un son plus mat et court. Les professionnels utilisent ce « ping test » comme indice complémentaire, jamais comme preuve unique.
5. Ultrason et conductivité : les tests qui démasquent le tungstène
C’est ici que se joue la vraie vérification de l’or. Deux méthodes non destructives détectent un cœur de tungstène là où la densité échoue :
- Le test de conductivité (appareils type Sigma Metalytics) mesure la signature électromagnétique du métal en profondeur : le tungstène, mauvais conducteur, se distingue nettement de l’or.
- L’échographie / ultrason mesure la vitesse de propagation du son dans le lingot : elle diffère fortement entre or massif et cœur de tungstène. En dernier recours, un perçage contrôlé révèle la nature du cœur, mais il abîme le lingot.
6. Les poinçons et le scellé
Vérifiez le logo du fondeur, le poids, le titre (999.9) et le numéro de série. Les poinçons d’un lingot doivent être nets, bien alignés, sans bavure. Un lingot dans son scellé d’origine (blister certifié) avec certificat LBMA est le plus sûr. Certains fondeurs proposent une authentification numérique (Veriscan de PAMP, hologramme Kinebar d’Argor-Heraeus).
7. En cas de doute : l’expertise professionnelle
Pour un lingot de valeur, rien ne remplace l’œil d’un professionnel équipé (balance de précision, spectromètre XRF, testeur de conductivité, échographe). Un comptoir sérieux vérifie systématiquement l’authenticité avant tout rachat — c’est une sécurité pour vous comme pour lui.
Le meilleur réflexe : acheter à la source
La prévention reste la meilleure protection : achetez auprès d’un fondeur ou d’un revendeur reconnu, exigez le scellé et le certificat, et conservez vos factures. Un lingot dont l’origine est tracée ne pose quasiment jamais de problème d’authenticité.
En résumé
- Vérifiez poids + dimensions officiels, puis la densité (19,30 g/cm³).
- Pour l’or, la densité seule ne suffit pas : le tungstène (19,25) l’imite ; ajoutez ultrason et conductivité.
- L’or est non magnétique et « chante » clair (ping) — indices complémentaires.
- Contrôlez poinçons, numéro de série et scellé ; au moindre doute, faites expertiser.
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Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.